UFC QUE CHOISIR : Réaction..
« la vie de tous les jours...
Bonjour,
J'aimerais que vous puissiez publier la copie de cette letre ouverte dans votre blog que j'adresse à UFC-Que Choisir, c'est pour moi un soulagement, Merci. Cordialement, C.V. »
Vous le savez, sosdiagimmo répond toujours favorablement aux demandes courtoises …..Voici donc cette lettre ....
"Bonjour
Je suis bien content que vous avez abordé ce sujet ô combien sensible, aussi directement et sans détour. Il est vrai que votre article a fait pas mal de bruit dans notre profession et, je pense qu’il est grand temps aussi de lui donner un grand coup de pied.
Ce que vous décrivez est le reflet exact de ce que je vis et côtoie quotidiennement, je m’explique :
Il y avait un peu plus d’un an et demi, alors que tout le monde parlait de l’assainissement de la profession par la certification des personnes, car trop de litiges et sinistres ont été commis par cette profession, et parallèlement il y avait ce qu’on appelait un vrai « merdier » qui y régnait !
À cette époque, j’étais encore en formation (4 mois avec École chez Soi et 2 mois et demi dans un centre de formation pour l’ensemble du programme), nous étions vers la fin du cycle et bien sûr, nous avons abordé le sujet de notre activité professionnelle. Vous ne croyez peut-être pas, mais j’étais interloqué de nos conversations, d’emblée :
L’un disait : « il faut payer les agences et les notaires pour bien travailler »
Un autre : « moi, pour commencer je vais voir tous les responsables d’agences et syndics, je les invite au restaurant et leur propose des commissions en partenariat »
Ce à quoi j’ai répondu, mais cela sert à quoi notre formation avec le nouveau réglement sur la certification des personnes. Avec cette dernière, justement on a pas besoin de se prostituer ou de faire des concessions avec ces gens comme l’ont fait nos prédécesseurs, puisqu’on est connu pour notre compétence, et rien d’autre !
Aujourd’hui, je vis pour ainsi dire les mêmes choses, peut-être sous un autre angle. Et cela me pèse de plus en plus :
Je travaille pour un cabinet d’études comme diagnostiqueur salarié, et très souvent je suis en conflit avec les responsables sur les méthodes de travail et la rédaction des rapports.
Ils veulent que je « lisse » ces derniers pour ne pas froisser ou mécontenter les clients, me demandent de faire l’impasse sur les textes de loi et utiliser les termes inventés par eux (un exemple concernant la présence d’amiante, c’est Oui ou c’est Non, ou alors « IT » (pour Impossibilité technique, terme inventé par eux) un point final ! Alors que le texte de loi nous impose en cas de doute, préciser que le matériau ou le produit est « susceptible » de contenir de l’amiante). Et lorsque j’utilise ce terme, ils n’en veulent absolument pas et m’imposent le IT (auquel je continue à refuser de l’utiliser, car il ne figure pas dans le texte de loi, alors que susceptible y est bien défini...). C’est alors qu'ils commencent à modifier ou changer des remarques ou recommandations que j'ai consignées dans mes rapports !!!
Ce travail était peut-être justifié il y a 5 à 10 ans où la certification des personnes n’existait pas, et une personne responsable se chargeait de rédiger des rapports. Aujourd’hui ce n’est plus le cas avec la certification des personnes, car ce sont eux, et eux seuls, responsables de leurs rapports, sinon ça sert à quoi cette certification si n’importe qui peut apporter des modifications sur les rapports que rédigent les certifiés.
Quant aux méthodes, là aussi, je suis très contrarié, car ça n’a absolument rien à voir avec ma philosophie. Je ne fais pas de zèle mais seulement essaie de bien faire mon travail, (un autre exemple (amiante, et j’arrête !), systématiquement lorsque je me trouve devant un faux plafond, je déplace une dalle pour examiner le plénum, car je me souviens toujours que notre intervenant de stage avait insisté là-dessus, y compris l’examinateur en cours d’une certification), mais ici, ils n’en veulent pas, en disant que ce n’est pas obligatoire, car il n’est pas figuré dans l’annexe 13-9 (Art. 1334-26 du code de la santé publique) . Et si on y examine de plus près, les placards, les portes coulissantes des meubles accolés aux murs n’y figurent pas non plus, et pourtant, on est bien obligé d’y regarder et sonder pour détecter s’il y a présence ou non d’amiante ! J’ai bien l’impression qu’on est complètement à côté de la plaque !
Et sur le terrain, lorsque j’ai la chance de rencontrer les collègues, c’est le même constat et la même désolation (pour moi) : « il faut être cool et pas trop sévère, sinon, on n’aura plus de boulot, et il faut les (les diags.) faire le plus vite possible ! »
Mais bon sens, on est bien là pour protéger les vendeurs, les dégager de leurs responsabilités des vices cachés et informer au mieux les acheteurs. C’est bien notre boulot, notre objectif, et bien je ne les trouve pas du tout sur le terrain.
Le pire dans tout cela, c’est que les personnes qui me donnent soi-disant des « conseils » que je parle plus haut ne sont pas diagnostiqueurs, et encore moins certifiées ! le comble ! Cela dit je suis entièrement d’accord avec vous que ce n’est pas parce qu’on est certifié qu’on connais tout, ou a tout compris et qu’on ne peut pas faire d’erreurs, loin de là ! On apprend tous les jours comme dans bien d’autres métiers.
J’aimerais que vous puissiez publier ce texte, je l’ai écrit depuis un certain temps, mais j’ai toujours hésité de vous l’envoyer, car ce n’est pas du tout mon habitude.
Merci.Sincères salutations.
C.V."
Ne déprimez pas trop, dites vous que vous avez de la chance de vivre la jeunesse d'un nouveau métier :-( Mais voyez vous, à force de publier des témoignages courageux comme le vôtre, nous restons persuadé que nous contribuons grace à vous, à faire changer les mentalités.
Bonne semaine à tous .....
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