COMMUNIQUÉ RESOA+ : DE L'AMIANTE A MONTPARNASSE:
CAS EXEMPLAIRE DE LA GESTION DES RISQUES DE L'AMIANTE EN PLACE.
Comme l'écrit le Journal Le Monde, qui semble disposer d'une exclusivité de la part des protagonistes ayant lancé la nouvelle alerte amiante, l'affaire est suffisamment grave pour que le préfet ait pris un arrêté le 13 aout 2013. La désignation d'un expert indépendant est attendu, son rapport devant être rendu sous 4 mois. A défaut de réponses satisfaisante, l'évacuation pourrait être ordonnée d'office...
Il faut dire que le dossier est aussi brulant que celui de JUSSIEU, voire plus, vu l'implantation de la tour sur une base commerciale d'une part et le demi million de visiteurs annuel.
D'après nos sources et contacts locaux, l'affaire couvait depuis novembre 2012.
Plusieurs "lanceurs d'alerte" ont chacun leur tour attiré l'attention de leurs hiérarchies respectives...
De nombreux dépassements du seuil d'alerte sanitaire ont été constatés, suite notamment à l'entrée en vigueur de la nouvelle réglementation code du travail, au 1er juillet 2012. Des mesures environnementales "hors chantier" ont révélé des niveaux d'empoussièrement bien au delà du seuil "sanitaire" de 5 fibres par litre.
C'est dire que les usagers, travailleurs ou visiteurs ont été exposés à leur insu...
Reproduisons ici le passage de l'article du monde ayant déclenché l'alerte médiatique:
"Le désamiantage aurait pu être fait en trois ou cinq ans en évacuant complètement l'EITMM*, regrette Henri Curot, pompier et membre CFTC du comité d'entreprise de Trigion sécurité, sous-traitant d'Icade, le syndic du syndicat des copropriétaires. Mais le choix a été fait de maintenir toutes les activités pour ne pas perdre d'argent. C'est scandaleux."
Au départ, les salariés ne s'inquiétaient pas. "En 2012, quand j'ai commencé à leur parler d'amiante, des collègues et des représentants du personnel me disaient de relativiser témoigne Suzel Pouch, délégué syndicale CGT chez BTF Gestion, une filiale d'Amundi. Seul compte, pour le personnel, les primes, les salaires, garder son emploi..." Mais, pour certains, l'ambiance a changé. Des salariés ont saisi la justice pour faire reconnaître un " préjudice d'anxiété " provoqué par le risque de développer dans les années à venir une maladie liée à l'amiante, indique Jean-Paul Lopez, représentant CGT et ancien chef de chantier, qui a réuni une quarantaine de dossiers de salariés. Quant à l'inspection du travail, elle a transmis en juin un rapport au Parquet portant sur le non-respect de la réglementation sur l'amiante.
Tout y est dit.
Le choix de "désamianter" une bonne fois pour toute n'ayant pas été retenu en 2003, à l'époque de l'épreuve de la constitution du DTA, les Co Propriétaires ont choisi de "gérer l'amiante en place" tout en programmant une série de chantiers de retraits alors que la Tour restait occupée...
La situation certes réglementaire, était donc intrinsèquement plus risquée que de choisir l'évacuation totale ou partielle, avec opération tiroir...
Plusieurs "usagers" de la tour ont eu l'occasion de contacter certains membres du réso, de manière concomitante, mais isolée et fortuite.
Ayant alors recoupé le sérieux et la gravité des propos, la décision d'ouvrir une alerte a été prise.
La question sera abordée lors du prochain CA de RésoA+, le 3 septembre 2013 afin de définir une position face aux demandes de soutien des usagers-lanceurs d'alerte.
En effet, la désignation d'un expert indépendant, en respect des dispositions de l'article R1334-29-9 du Code de la santé Publique, ne réglera pas le besoin d'explications et d'avis qui émergera lors de l'expertise qui devrait s'achever mi décembre 2013.
Les usagers pourraient envisager de se réunir en association loi 1901 afin de disposer d'un lieu de parole et d'action autonome, tout en bénéficiant du soutien des syndicats de travailleurs, d'associations de défense de victimes, de personnalités, voire de simple "visiteurs de la Tour"...
Le cas échéant, RésoA+ soutiendrait cette position, comme cela a déjà été le cas dans d'autres situations.
Quid des DTA de l'immeuble?
La question qui reviendra inévitablement au cours de l'expertise sera celle de la mise à jour, du bon usage des Dossiers Technique Amiante, de leurs fiches récapitulatives respectives, des obligations mutuelles du Syndic et des Co propriétaires, des droits des locataires, usagers, simples visiteurs...
Cette question devrait faire l'objet d'un débat qui pourrait servir d'exemple à l'échelon national.
Beaucoup plus pédagogique et pour un éventail d'usagers plus large que Jussieu...
RésoA+ initiera ce débat sur son site forum dédié à l'amiante, ainsi que lors des diverses conférences, interventions, contributions à venir.
Un point particulier sera proposé au programme du Salon Preventica LYON 2013, du 24 au 26 septembre 2013.
Pour en savoir plus:
resoA+>Urgences>alertes amiante>registre des alertes validées>75 - PARIS - TOUR MONTPARNASSE.
REGISTRE DES IMMEUBLES AMIANTINS > IDF > 75015aa - PARIS TOUR MONTPARNASSE
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