Les termites ne sont pas toujours informés que le gratuit n’est pas assuré.
C'est extrait de "Parole de Diagnostiqueur" ,à lire dans le numéro d'Habitat Naturel de ce mois. Ca fait pile poil un an que ce magazine relais tous les deux mois les messages d'informations que des diagnostiqueurs libres et indépendants nous font remonter régulièrement.
Parole de diagnostiqueur : Les termites ne sont pas toujours informés que le gratuit n’est pas assuré.
C’est hélas un classique depuis des années dans le diagnostic immobilier. Pour cause de « diagnostic périmé », le changement de date du rapport se fait sans visite pour valider que la situation n’a pas changée. Avec le diagnostic amiante et la loi carrez (le mesurage des appartements), les termites sont dans le tiercé gagnant des sujets évoqués devant les tribunaux régulièrement.
Pour comprendre ce qui suit, il vous faut juste savoir que les termites se reproduisent toute l’année et se déplacent régulièrement. Aucune d’entre elles ne sait lire et écrire et toutes se fichent des règlements. C’est la raison pour laquelle ce diagnostic « sur le vivant » n’avait qu’une durée de validité de 3 mois à son lancement.
Trois mois, c’était un peu court parfois entre le compromis de vente et la signature de l’acte authentique, surtout si la banque se fait prier. Alors il a été décidé le 23 décembre 2006 de porter à 6 mois la durée de vie du Diagnostic termites pour éviter à tous de perdre du temps et donc de l’argent.
Avec la crise, le marché de l’immobilier s’est effondré. Les ventes qui devaient se faire et qui finalement ne se font pas sont devenues monnaie courante dans tous les départements… Du coup les dossiers trainent dans les armoires et quand finalement l’agent immobilier est arrivé à faire baisser suffisamment le prix de son client, dès qu’un prospect se présente, il faut ressortir le dossier « en urgent ». En face, le diagnostiqueur immobilier attend généralement toujours d’être payé, car la vente tardant, personne n’a plus d’argent. Les Notaires et les agents immobiliers ne font pas d’avance pour leur client.
C’est ce cercle vicieux qui conduit souvent à ce que des Notaires ou des agents immobiliers pressés par le temps, demandent à des diagnostiqueurs pas toujours très conscients des risques auxquels les exposent leurs documents de « renouveler gratuitement le diagnostic précédent ». Le tout sans vérifier que des termites ne sont pas venus entre-temps.
L’affaire se complique naturellement, si au mépris des « petits arrangements », les termites ont décidé de s’installer durablement chez celui qui vient d’acheter le bâtiment. Surtout quand ce dernier constate avec effarement que plus les bestioles sont petites et plus elles sont facturées chères au client, au moment où il reçoit les premiers devis des professionnels du traitement compétent.
Mais le plus dur reste à venir, car quand l’affaire passera en jugement, faute de ne pouvoir présenter de facture, le diagnostiqueur se retrouvera seul sans assureur pour couvrir son égarement. Alors quand l’huissier viendra finalement lui signifier son jugement, le diagnostiqueur trop généreux vis-à-vis de son client, n’aura d’autres choix dans la plupart des cas que de déposer son bilan, laissant le nouveau propriétaire seul avec ses bestioles et leurs désagréments
Que les amis de la nature se rassurent cependant, les termites quand à elles, continuent de vivre tranquillement comme avant …. Mais il est vrai que dans leurs petits tunnels il n’y a pas de place pour l’argent.
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